Rénover le sous-sol pour le rendre polyvalent
- Line Castonguay

- Oct 30, 2024
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Au cours des 25 dernières années, Line Castonguay a profité de l’espace que lui procurait sa spacieuse maison, à Montréal. Or ses deux fils, devenus de jeunes adultes, sont moins présents et le bureau, qu’elle avait aménagé au sous-sol de sa demeure, ne fourmille plus autant d’activité. Elle a donc décidé de rénover son sous-sol pour en faire un espace polyvalent, répondant mieux aux besoins actuels de sa famille.
Ce faisant, elle a aussi augmenté la valeur de sa propriété, en vue de sa mise en vente dans un avenir plus ou moins rapproché.
« J’ai toujours eu mon bureau chez moi », explique Mme Castonguay, qui est designer d’intérieur et enseigne à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.

"Depuis la pandémie, les gens veulent travailler chez eux et j’ai moins besoin d’une grosse installation de bureau dans le sous-sol. J’ai donc voulu que l’espace puisse avoir trois usages différents."
-Line Castonguay, designer d’intérieur et professeure à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal
Le sous-sol n’a ainsi pas été transformé en un appartement en bonne et due forme. Il a été rénové pour servir d’espace de bureau, fort agréable, avec une cuisinette et une salle de bains. Le même espace pourrait aussi dépanner et accueillir un de ses fils et sa conjointe, s’ils n’ont pas trouvé une habitation qui leur convient et que leur bail vient à échéance.
« Cela pourrait servir d’espace de transition en attendant d’acheter une maison, précise Mme Castonguay. Ils auraient leur intimité, avec une porte d’entrée indépendante, le temps de trouver une maison à leur prix et à leur goût. »
En troisième lieu, le sous-sol a été aménagé pour faire office de salle familiale, comme à l’époque où les enfants étaient plus jeunes et qu’ils y descendaient pour s’amuser le soir et les fins de semaine. Cette option plairait à d’éventuels acheteurs, croit Mme Castonguay. La cuisinette deviendrait alors un bar attrayant, avec un évier, un petit frigo et un éclairage de circonstance.
Les principes des 3R (réduire, réutiliser, recycler), à la base d’une consommation respectueuse de l’environnement, ont guidé ses actions, tout comme son désir de respecter le style particulier de sa maison, construite à la fin des années 1950. Avec ses poutres de bois apparentes sur les façades, celle-ci rappelle à la fois les maisons de style Tudor ou de style normand et les chalets suisses. À l’intérieur, il lui importait de préserver les poutres de bois brun foncé.
"J’aurais pu décider de cacher ces poutres de bois pour avoir un look très moderne, mais ce n’était pas mon intention. Je voulais respecter le cachet de la maison, que tous ceux qui viennent ici adorent et trouvent original. Mais le sous-sol, en soi, est moderne."
-Line Castonguay

Par étapes
La designer a planifié les travaux avec soin, de façon à pouvoir habiter chez elle sans être trop incommodée. Elle a commencé par rénover certains éléments au rez-de-chaussée et à l’étage, avant de consacrer son énergie à la transformation du sous-sol.
« Les fenêtres étant petites dans le sous-sol, cela a été un défi d’en faire un milieu de vie et un milieu de travail, reconnaît la présidente de l’agence Castonguay Design. Avant, les couleurs étaient trop foncées et l’éclairage était mal adapté. Le plancher flottant était en bois foncé. Cela assombrissait les pièces. J’ai donc mis les murs blancs et j’ai ajouté une couleur soutenue, rouge framboise, qui contraste avec le blanc et s’agence avec les tables rouges que j’avais déjà, ainsi que le noir et le gris présents dans mon mobilier. »
Elle a aussi ajouté la couleur verte pour créer l’impression de se trouver à l’extérieur. Les plantes artificielles mêlées aux plantes naturelles, les cadres et l’œuvre murale, qui donne un effet de profondeur à la cuisinette, s’inscrivent dans ce thème, tout comme le nouveau mobilier du salon, en rotin noir, qui pourrait éventuellement trouver place sur un balcon.
Line Castonguay a porté une attention particulière au revêtement de plancher. Elle a choisi des lamelles de vinyle de marque Multiclic, adéquates pour un sous-sol et faciles d’entretien, qui s’installent directement sur la dalle et épousent les imperfections du sol. « Une isolation peut être installée en dessous pour couper le froid, mais j’utilise un déshumidificateur, qui est recommandé dans un sous-sol », précise-t-elle.
Elle a fait poser le même type de lamelles en vinyle, d’une autre couleur, dans l’entrée de sa maison, et elle a eu recours à un autre produit en vinyle (Duraclic) pour recouvrir les marches de l’escalier menant à l’étage.
La transformation du sous-sol, qui a entraîné la rénovation de la cuisinette et de la salle de bains, la réparation de murs en gypse, l’installation d’un revêtement de plancher, un nouvel éclairage, l’application de peinture et de teinture et l’achat de meubles et d’accessoires a coûté plus de 50 000 $. La designer d’intérieur estime avoir économisé en ayant toujours les 3R à l’esprit, en magasinant surtout chez RONA (dont le siège social est au Québec) et en coordonnant elle-même les ouvriers. Elle a cependant tout fait faire, ce qui a augmenté la facture.
« Cela a été un casse-tête de rendre le sous-sol polyvalent, pour en varier l’usage, reconnaît-elle. Mais j’en suis bien fière. »
















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